Galerie des Modernes

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Fernand Leger

  • La Grande Parade

Fernand Leger

(Argentan, 1881 - Gif-su-Yvette, 1955)

La Grande Parade, circa 1952

Gouache et encre de Chine sur papier 
Signée en bas à droite F. Léger
Annotée en bas à droite
Aux deux Prévert (*)
avec ma bonne amitié

Annotée au dos
BN=19
32,9 x 41,6 cm

Provenance :
- Galerie Jean-Claude Bellier, Paris (étiquette au dos du montage)
- Collection privée

Bibliographie :
- Inscrite dans le Répertoire des œuvres sur papier de Fernand Léger en préparation par Irus Hansma
- Inscrite dans les archives du Comité Léger



Certificat d’authenticité de Madame Irus Hansma, fait à Muri le 29 janvier 2019                Certificat d'authenticité du Comité Léger, fait à Paris, le 24 avril 2019

 

(*) Notre gouache, La Grande Parade, est dédicacée par l’artiste aux deux frères Prévert ; le poète Jacques Prévert (Neuilly-sur-Seine, 1900 - Omonville-la-Petite, 1977) et son jeune frère, le cinéaste Pierre Prévert (Neuilly-sur-Seine, 1906 – Joinville-le-Pont, 1988).

Fernand LEGER
LA GRANDE PARADE, 1951
Gouache sur papier
66 x 81 cm
Vente Sotheby’s New York, mai 2007, adjugé : 1.216.000 US$

Fernand LEGER
LA GRANDE PARADE, 1ER ÉTAT, 1952
Huile sur toile
181 x 212 cm
Collection privée, New York

Fernand LEGER
LA GRANDE PARADE, ÉTUDE, 1953-1954
Huile sur toile
130 x 195,5 cm
The Menil Foundation, Houston

 

Notre gouache réalisée vers 1952 est l’une des études pour l’ultime chef-d’œuvre de Fernand Léger, La Grande Parade, 1954, composition monumentale conservée dans les collections du Solomon R. Guggenheim Museum de New York. 

Fernand LEGER
LA GRANDE PARADE, ÉTAT DEFINITIF, 1954
Huile sur toile
300 x 400 cm
Solomon R. Guggenheim Museum, New York 

Robert DOISNEAU
FERNAND LEGER DANS SON ATELIER A GIF-SUR-YVETTE, 1954
Cliché photographique

Le Cirque a toujours fasciné Fernand Léger, ce thème apparaît dans son œuvre dès 1918 puis dans les années trente pour culminer, de 1951 à 1954, avec l’importante série des œuvres sur le thème de La Grande Parade. L’artiste s’est lui-même exprimé sur sa vision du Cirque et sur la lente maturation de sa série La Grande Parade : « Il faut que je vous parle de l’importance du Cirque dans les villes de Province. C’était autour de 1900. Et quel événement c’était ! Dès qu’on l’annonçait, nous les enfants on ne parlait que du Cirque. « Dis donc on va voir les bêtes ! » Et avec quelle impatience on l’attendait. Nous n’avions pas de distraction en province. Qu’est-ce qu’il y avait ? La fête de la Vierge…, mais cela ne pesait pas lourd vis-à-vis des bêtes. Enfin le cirque arrivait et tout le bastringue. On assistait au montage, au démontage. C’était l’étonnement à chaque coup : le singe, le lion, l’ours. « T’as peur, toi, avance ! » Les gosses reculaient. Il y en avait qui n’avaient jamais vu un singe. C’était l’événement vivant. C’est énorme, ça pèse. Il faut compter cela comme origine des choses… Et après quand le cirque était parti, on parlait des bêtes qu’on avait vues, l’émotion restait et elle était forte. Dans la parade ce n’est pas comme au Zoo, les bêtes sont tout près et le choc qu’on reçoit est bien plus fort… Il n’y a pas à dire, le cirque a été l’événement de mon enfance. Et voilà qu’il est revenu dans ma peinture… J’ai travaillé pendant deux ans pour faire « La grande Parade ». J’étudie tout lourdement. Je suis extrêmement lent dans mon travail. Je ne sais pas improviser. Plus je m’examine, plus je vois que je suis un classique. Je fais un long travail préparatoire. Je fais d’abord une quantité de dessins, après je fais des gouaches et enfin je passe à la toile, mais quand je l’attaque j’ai 80% d’assurance. Je sais où je vais. » Fernand Léger, catalogue de l’exposition Fernand Léger 1881-1955 au Musée des Arts Décoratifs, Paris, de 1956, p. 372.

Fernand Léger commenta également : « Si j’ai dessiné les gens du cirque, acrobates, clowns, jongleurs, c’est que je m’intéresse à leur travail depuis trente ans. Depuis le temps où je dessinais des costumes cubistes pour les Fratellini. J’ai pour La Grande Parade une quantité des dessins et d’études. Car je suis un classique : si mes premiers dessins sont toujours impulsifs, j’ai la connaissance des moyens qui vont me servir. Un an sépare la première version de La Grande Parade de son état définitif. Cet intervalle correspond à un long travail d’élaboration et de synthèse. La moindre transformation a ét é longuement méditée, travaillées à l’aide de nouveaux dessins. Un changement local, parce qu’il se répercute sur l’équilibre de l’ensemble, oblige souvent à retravailler toute la construction de de la toile. Dans la première version, la couleur épousait les formes. Dans la version définitive on voit quelle force, quel élan apporte l’utilisation de la couleur en dehors. » Fernand Léger, catalogue de l’exposition Fernand Léger Rétrospective à la Fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence, de 1988, p. 173.

 

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