Galerie des Modernes

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Marie Laurencin

Cubisme, Fauvisme, Portraits

  • Les Deux Soeurs

Marie Laurencin

(Paris, 1883 - Paris, 1956)

Les Deux Soeurs, 1910 (plutôt 1912-1913)

Huile sur carton ovale

Signée et datée en haut vers le milieu

Marie Laurencin 1910

50 x 63 cm

Œuvre de « période Apollinaire », signée et datée 1910 par Marie Laurencin, probablement après 1945, mais plus vraisemblablement réalisée en 1912-1913

Provenance :

- Collection Henri-Pierre Roché, Meudon, Paris

- Collection Marcel Nahmias, Paris

- Collection privée, Mulhouse

Expositions :

- Galerie Bernheim-Jeune, Paris, 6e Salon de la Folle Enchère, Société des Amateurs d’Art et Collectionneurs, 1930, reproduit

- The Royal Academy of Arts, Londres, L’Ecole de Paris 1900-1950, par Jean Cassou,   du 13 janvier au 7 mars 1951, sous le n° 80, reproduit à la p. 13

- The British Council, Paris, 1951

- Musée National d’Art Moderne, Paris, Le Cubisme, par Jean Cassou, Gabrielle Vienne et Bernard Dorival, du 30 janvier au 9 avril 1953, sous le n° 42, décrit au catalogue, éditions des Musées Nationaux, à la p. 28 et reproduit planche XII 

- Museu de Arte Moderna de Sao Paulo, 2e Biennale, du 12 décembre 1953 au 28 février 1954

- Städtische Kunsthalle, Düsseldorf, Marie Laurencin, du 12 décembre 1957 au 12 janvier 1958, sous le n° 4

- Apollinaire, Rome, 1958

- Tokyo Shimbun, Galerie Tokyu, Tokyo, Japon, Marie Laurencin Exposition du Centenaire, par Daniel Marchesseau, du 23 juillet au 4 août 1982, sous le n° 9, décrit et reproduit en couleur (catalogue non paginé)    

Bibliographie :
Daniel Marchesseau, Marie Laurencin 1883-1956 Catalogue Raisonné de L’œuvre Peint, volume I, Editions du Musée Marie Laurencin, Japon, 1986, décrit (avec dimensions :     53 x 65 cm) sous le n° 92 et reproduit en noir et blanc à la p. 84 et en couleur planche XII

 

Dans le catalogue Marie Laurencin Exposition du Centenaire au Japon en 1982, op.cit.,   Daniel Marchesseau écrit à propos de ce tableau :
« Les Deux Sœurs est un des tableaux les plus caractéristiques et les plus célèbres de cette période charnière, où l’artiste se libère du carcan cubiste, retourne à la figure et inscrit dans un paysage schématisé à grands traits, deux héroïnes dont elle idéalise, à sa manière, la pose. Le goût du « portrait » est momentanément perdu au profit de compostions plus élaborées, encore que très statiques. Les couleurs de terre se réchauffent. La palette s’éclaire. »

 

L’écrivain, auteur de Jules et Jim, critique et collectionneur, Henri-Pierre Roché (Paris, 1879 – Sèvres, 1959) était également marchand d’art. Il fut très impliqué dans l’Avant-Garde parisienne du début du XXe s., notamment le mouvement Dada. Georges Braque présenta, en 1906, Marie Laurencin à Henri-Pierre Roché ; peu de temps après, ces deux derniers entamèrent une liaison amoureuse et libertine. Henri-Pierre Roché fut le premier collectionneur de Marie Laurencin. A la fois pygmalion et mécène, il acquerra cent quarante de ses œuvres et resta son ami intime et correspondant régulier, son « cher Pierre aimé ».
En 1956, Henri-Pierre Roché publia le roman autobiographique Deux Anglaises et le Continent, qui raconte l’histoire de deux sœurs anglaises amoureuses du même homme qu’elles surnomment le « Continent ». Notre tableau, intitulé Les Deux Sœurs, a probablement la même source d’inspiration. 

Marie Laurencin fut également la muse du poète Guillaume Apollinaire qu’elle rencontra grâce à Picasso en 1907 et qu’elle fréquenta jusqu’en 1913. Le fameux livre d’Apollinaire, Les Peintres Cubistes. Méditations esthétiques, écrit entre 1905 et 1912 et publié en 1913, réserve un chapitre à Marie Laurencin, seule femme peintre de l’ouvrage.

Les Deux Soeurs de Marie Laurencin datent de cette époque. Ce tableau, aux accents cubistes, n’est pourtant pas sans rappeler le célèbre tableau d’Edouard Manet, Olympia, réalisé en 1863. Marie Laurencin, donne ici une version personnelle du nu féminin, hommage en miroir au Maître impressionniste. Comme dans Olympia, chaque élément du tableau est ramené au premier plan : deux femmes, l’une allongée, l’autre à ses côtés et un chat noir. Le rideau, derrière la femme étendue, clos la composition ; le motif décoratif du losange se répète également. Tout comme Manet, Marie Laurencin peint des aplats cernés de noir et des tonalités froides. L’influence de l’Olympia de Manet sur Les deux Sœurs de Marie Laurencin ne semble faire aucun doute.

                  

E. MANET, Olympia, 1863 - Orsay, Paris       Les Deux Soeurs, 1910 (plutôt 1912-1913)

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