Galerie des Modernes

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Jean Cocteau

Retour à l'ordre, Avant-garde, Surréalisme

  • Charlie Chaplin

Jean Cocteau

(Maisons-Laffitte, 1889 – Milly-la-Forêt, 1963)

Charlie Chaplin, 1936

Plume et encre sur papier
Signée du prénom et de l’étoile 
en bas vers la gauche 
Jean

Annoté en bas vers la gauche 
à
Charlie
Dédicacé en 1942 en bas à gauche 
Souvenir amical
à
Willy Michel
Jean Cocteau

1942

Dimensions: 33 x 25,5 cm    

Provenance :
Ancienne collection du photographe Willy Michel*(1905 -1976)

Bibliographie : 
Mon tour du monde en 80 jours. Rencontre avec Charlie Chaplin sur un vieux cargo des Mers de Chine, article de Jean Cocteau, dans le journal Paris-Soir, 22 août 1936, dessin illustré


Certificat d’authenticité de Madame Annie Guédras, fait à Périgueux le 19 juillet 2018

Willy Michel*(1905 -1976) : En juin 1928, Willy Michel, âgé de 24 ans, installe l’une des premières cabines parisiennes dans son Studio d’art Photomaton. Ces machines nécessitent alors la présence d’un opérateur et sont souvent installées dans les ateliers des photographes. Fervent bibliophile, amateur de dédicaces, ce jeune photographe, le portraitiste des gens de lettres, est fasciné par les célébrités. Son studio est l’opportunité de commencer une nouvelle collection : pendant une vingtaine d’années, il se photographie avec les stars dans son photomaton. Dans une lettre datée du 20 avril 1936, Max Jacob écrit : « Willy Michel, le photographe de Photomaton boulevard des Italiens, demande de grands hommes à photographier gratis, il invite à dîner richement, achète des livres, etc. ».

 

 

Dessin réalisé à l'occasion de la rencontre de Jean Cocteau avec Charlie Chaplin le 11 mai 1936 en Mer de Chine, lors du Tour du Monde en 80 jours que Cocteau accomplit pour Paris-Soir. C’est à la demande de Jean Prouvost, directeur de Paris-Soir, que Cocteau et son ami de Marcel Khill, font, du 29 mars au 17 juin 1936, le Tour du monde en 80 jours, à l’instar du héros de Jules Verne, Phileas Fogg. Le reportage paraît dans Paris-Soir du 1er août au 3 septembre 1936, puis en volume, au début de 1937, sous le titre Mon premier voyage.

Cocteau dessina plusieurs versions de ce portrait mais c’est notre version, probablement la première, qui fut publiée dans Paris-Soir du 22 août 1936 pour illustrer l’article de Cocteau « Mon tour du monde en 80 jours : Rencontre avec Charlie Chaplin sur un vieux cargo des mers de Chine »

Paris-Soir, 22 août 1936
Jean Cocteau raconte la divine surprise de son tour du monde en 80 jours : sa rencontre avec Charlie Chaplin, le 11 mai précédent, en mer de Chine.

 

Notre dessin à l'encre témoigne de cette rencontre sur le navire Kashima-Maru en mer de Chine. Dans le Paris-Soir du 22 août 1936, Cocteau relate cette rencontre avec Charlie Chaplin : « Deux poètes suivent la ligne droite de leur destinée. Tout à coup, il arrive que ces deux lignes se croisent et la rencontre forme une croix, si vous préférez, une étoile. Ma ren¬contre avec Charlie Chaplin reste le miracle charmant de ce voyage ».

Ce dessin fut également illustré dans des publications japonaises.

Jean COCTEAU
PORTRAIT DE CHARLIE CHAPLIN Crayon sur papier calque
Signé Jean* 
Dédicacé a charlie
Daté 1936
Annoté à bord du Karoa mer de Chine
30,2 x 23 cm
Adjugé 27.500 €, Sotheby’s, Paris, le 22 mars 2018, lot 132

CHARLIE CHAPLIN, SA COMPAGNE PAULETTE GODDARD ET JEAN COCTEAU, SUR LE PONT DU PAQUEBOT QUI NAVIGUE VERS SHANGHAI, 1936

Le caractère quasi religieux de cet éblouissement explique son extraordinaire retentissement dans la vie du poète, qui consignera encore 10 ans, 15 ans ou 20 ans plus tard dans Le Passé défini des bribes de cette rencontre, prolongée jusqu’à l’arrivée à San Francisco 5 jours plus tard. Aux yeux de Cocteau, Charlie Chaplin incarne à lui seul le VIIe Art avec en plus, la dimension de la place que l’homme prend dans sa vie et l’importance qu’il accorde à leurs relations. Chaplin était présent à son esprit depuis longtemps. Ses premiers courts-métrages, découverts en 1916, le marquent durablement. Il l’aurait rencontré une première fois le 6 octobre 1921 au théâtre du Trocadéro dans la loge de Cécile Sorel : entrevue réelle ou mythifiée ? Cocteau aimera toujours se flatter de ses relations personnelles avec le cinéaste. Il le reverra à diverses reprises soit à Paris, soit à Cannes ou sur la Côte, en 1953, 1956, 1957. Il sera très attentif à sa carrière, ira voir tous ses films, le défendra au moment de son exil d’Amérique en 1953.

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