Galerie des Modernes

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Paul Klee

Expressionnisme, Art moderne, Cubisme, Surréalisme, Le Cavalier bleu, Bauhaus

  • Empfindung Beim Spiel Einer Lyristin

Paul Klee

(Münchenbuchsee, 1879- Berne, 1940)

Empfindung Beim Spiel Einer Lyristin, 1915

Encre de Chine à la plume sur papier Ingres collé sur carton
Signée en haut à gauche Klee
Datée et numérotée en bas à gauche dans la marge sur le carton 1915     90
Dimensions du sujet : 19,3 x 15,2 cm

Provenance :
- Berggruen & Cie, Paris
- Collection Mira Jacob, Galerie Le Bateau-Lavoir, Paris
- Succession Stéphane Petit, Paris
- Collection privée, Paris

Expositions :
- Paul Klee, Nationalgalerie, Kronprinzenpalais, Berlin, février 1923 (première exposition muséale de Klee en Allemagne)
- La Peinture et son double : écrits de peintres, Galerie Le Bateau Lavoir, Paris, 1974, catalogue reproduit n° 55
- Rendre visible, Paul Klee, Hans Reichel, Julien Discrit, Anne-Charlotte Finel, Musée de Lodève, Lodève, du 19 avril au 31 août 2025

Bibliographie :
- Paul Klee par Will Grohmann, Genève/Stuttgart, 1954, p. 143
- Paul Klee, par Will Grohmann, Dumont éd., 1966, p. 72
- Paul Klee, Catalogue Raisonné, band 2 1913-1918, Herausgegeben von der Paul-Klee-Stiftung, Kunstmuseum Bern, Benteli Verlags AG, Bern, 2000, décrit et reproduit p. 271, n° 1423
- Klee. Reichel. Discrit. Finel. Rendre Visible. Musée de Lodève in Connaissance de Arts, hors-série, n° 1117, 1er trimestre 2025, éd. ECL, Paris, décrit et reproduit en couleur p. 13

 

« L’art ne reproduit pas le visible. Il rend visible. »  C’est par cette fameuse citation que Paul KLEE commence l’un des chapitres de son livre La théorie de l’art moderne (1920-1921). Selon l’artiste, le rôle de l’art n’est pas d’imiter ou de reproduire la réalité mais de la dévoiler… 

Notre œuvre réalisée en 1915 reflète la période où Paul KLEE développe son propre langage pictural, mêlant abstraction et figuration, poésie et géométrie, tout en restant éloignée du détail réaliste.
Ce titre « EMPFINDUNG BEIM SPIEL EINER LYRISTIN », qui peut se traduire par « Sensation lorsque l’on joue un morceau lyrique » ou « Sensation lors du jeu d’une poétesse », apporte une dimension profondément sensorielle et émotionnelle à l'œuvre. Il contient également, une ambiguïté de sens qui renforce celle du dessin car on peut y voir un musicien jouant d’un instrument ou un homme enlaçant une femme. Ainsi, le titre et le dessin fonctionnent ensemble pour créer une lecture à la fois musicale (la lyre, le musicien, le jeu instrumental) et poétique ou émotionnelle (le sentiment, la relation humaine, le jeu amoureux).
La composition de lignes fluides et sinueuses, la superposition de formes abstraites qui se croisent, évoquent des figures humaines stylisées qui semblent fusionner et se mouvoir à l’unisson, traduisant les oscillations subtiles de la musique jouée. La présence d’éléments évoquant une lyre, ou du moins, des formes rappelant des cordes ou des instruments, pourrait aussi renforcer cette idée. 
A travers une esthétique sobre et délicate, cette encre illustre la tentative de Paul KLEE de donner forme et visibilité aux émotions suscitées par l’acte de jouer un morceau de musique. Le dessin devient ainsi une sorte de partition visuelle, où lignes et formes jouent le rôle de notes et de rythmes, immergeant le spectateur dans cette « sensation » propre au jeu lyrique.

Quintette avec Paul KLEE au violon (à droite) à l’école d’art Heinrich Knirr à Munich, 1900.

Paul KLEE avait une passion pour la musique. Devenu soliste de haut niveau, il jouait des œuvres de Bach et de Mozart pour des concerts de l’orchestre de Berne. Présentant également un talent précoce pour le dessin, il entreprit finalement des études à l’Académie des Beaux-Arts sans renier ses premières amours : « Ma bien-aimée est et a toujours été la musique ; si j’enlace la déesse du pinceau qui embaume l’huile, c’est bien parce qu’elle est ma femme. »

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